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  • Sérine Rkha












 

Un particulier peut faire réaliser un audit énergétique par un auditeur. L'objectif de l'audit est d'abord de faire un état des lieux énergétique du logement, de dresser le bilan de sa consommation énergétique et de comprendre où part la chaleur. Sur la base de cet état des lieux et des besoins du propriétaire, l'audit va ensuite identifier différents "scénarios" de travaux permettant d'améliorer le confort thermique du logement. Généralement, l'audit propose 3 scénarios, un scénario ambitieux, permettant d'atteindre un niveau BBC (Bâtiment basse consommation), un second intermédiaire, permettant généralement de réaliser 30% d'économies d'énergie, et un dernier, plus économique, afin d'effectuer les travaux prioritaires.


L'intérêt de l'audit énergétique, c'est qu'il permet d'aller assez loin dans la prescription et le chiffrage des différents scénarios de travaux, permettant au propriétaire d'avoir des éléments tangibles pour prendre une décision. Par ailleurs, outre le chiffrage des travaux, l'audit intègre des éléments financier comme le temps de retour sur investissement, les économies d'énergie qui seront réalisées, les aides dont il est possible de bénéficier, etc.



Quand réaliser un audit énergétique ?

















-> mettre le lien vers l'article des CEE

Enfin, il existe des aides dédiées à l'audit, dans le cadre de MaPrimeRénov' ou des financements à la rénovation globale.


Il est important de distinguer l'audit énergétique du Diagnostic de performance énergétique, le DPE. Ce dernier est généralement beaucoup plus connu, notamment grâce aux lettres (A, B, C, D, E, F ou G) qui synthétisent la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre du logement, et qui sont affichés dès qu'un logement est mis en vente ou en location. Le DPE est d'ailleurs devenu obligatoire pour pouvoir mettre son logement en vente ou en location. L'objectif du DPE est différent de celui de l'audit, il s'agit surtout de présenter une "photographie" des caractéristiques énergétiques d'un logement à un instant donné, dans la grande majorité des cas pour informer un éventuel acheteur ou loueur des charges auxquelles il doit s'attendre. -> Exemple de DPE




L'audit énergétique, un outil bien plus concret que le DPE


Même si depuis le 1er juillet 2021 le DPE embarque aussi des scénarios de travaux à effectuer, ces recommandations sont sommaires, et bien moins pointues que celles d'un audit énergétique. Comme nous l'avons vu, un audit est fait dans le but de faire des travaux, pour quantifier précisément les économies d'énergie et détailler les travaux. On peut considérer que l'audit énergétique est un "plan de bataille" détaillé et sur-mesure, qui s'appuie sur une "photographie" de l'existant, alors que le DPE est une "photographie" de l'existant, qui embarque des "plans de bataille" génériques et rudimentaires. Ils n'ont simplement pas la même finalité.


Néanmoins, les audits énergétiques en maisons individuelles sont apparus relativement récemment. Pendant longtemps, l'activité d'audit énergétique a été restreinte aux bâtiments tertiaires et aux grandes copropriétés, en grande partie due au fait qu'une expertise technique poussée est absolument nécessaire sur des travaux de grande envergure - et qu'elle est rentable ! C'est l'importance accordée à l'audit énergétique en maison individuelle, les obligations assorties d'incitations financières qui ont réellement permis sa démocratisation. L'idée derrière cette massification, c'est d'apporter de l'expertise et de la qualité pour les particuliers, qui ne sont pas souvent des experts, et qui peuvent être mal conseillés par des artisans qui ne maîtrisent pas tous les lots de travaux.


Sur le tertiaire ou les copropriétés, l’audit énergétique est souvent suivi d’une prestation de maîtrise d’oeuvre. C'est-à-dire que l'auditeur prend ensuite en charge le chantier lorsque celui-ci est lancé (activité rentable sur des projets importants, mais plus rarement sur la maison individuelle, avec des chantiers de quelques milliers ou dizaines de milliers d'euros). La majorité des auditeurs énergétiques dans le tertiaire et les copropriétés font donc partie de structures plus importantes que l'on appelle les bureaux d'études thermiques.



Qu'est ce qu'un bureau d'études thermiques ?


Les missions des bureaux d'études thermiques sont variées et peuvent aller de l'audit énergétique à la maîtrise d'oeuvre sur le chantier, la coordination des artisans, en passant par le dimensionnement des systèmes de chauffage, des réseaux de ventilation, la modélisation thermique et la conception de la partie "énergie" des bâtiments neufs. Ils peuvent être spécialisés sur les bâtiments neufs, la rénovation énergétique ou adresser les deux cas. Ce sont par exemple les bureaux d'étude thermique qui délivrent les attestations de conformité des bâtiments neufs aux réglementations thermiques et environnementales.



Pourquoi avoir recours à un auditeur ?


Pour revenir aux auditeurs, il y a un autre argument en faveur du rôle d'expert et de tiers de confiance de l'auditeur énergétique, qui est apparu avec l'explosion des aides publiques à destination du secteur. Si ces aides ont largement permis de massifier les travaux de rénovation énergétique, elles ont aussi attiré un grand nombre d'opportunistes qui cherchent à en profiter au détriment de la qualité des chantiers. Ces éco-délinquants peu scrupuleux ont un double impact négatif : ils livrent des chantiers bourrés de malfaçons (quand ce n'est pas de la fraude pure et simple) qui n'ont aucun impact réel pour le propriétaire, et participent par là à décrédibiliser le secteur, ce qui freine ensuite les prochains qui hésitent à engager des travaux.


C'est le cas de l'isolation des combles à 1€ par exemple, de nombreuses histoires ont été colportées par les médias et les propriétaires. Si certaines sont réellement arrivées, comme la livraison d'isolant non posé, l'effondrement de plafonds, l'utilisation de produits dangereux, etc. elles sont le fait de ces mêmes margoulins et ont abouties à une véritable défiance vis-à-vis de ce type de travaux, qui présente pourtant un excellent ratio coût / économies d'énergie lorsqu'il est correctement effectué.



Mais l'auditeur intervient avant le chantier et ne contrôle pas la qualité des travaux. Cette mission a été confiée à des entreprises spécialisées, les bureaux de contrôle, dont l'unique mission est de contrôler les chantiers. Ils sont évidemment indépendant de l'auditeur et de l'entreprise qui les a réalisés.




Comment être sûre que les travaux ont été correctement effectués ?


Les bureaux de contrôles contrôlent des chantiers pour le compte d'un tiers, principalement dans le cadre de deux dispositifs de contrôle. Le premier dispositif, c'est celui des Certificats d'économie d'énergie (CEE), avec des contrôles mandatés par le Pôle national des certificats d'énergie, le PNCEE. Le second, c'est le label RGE, Reconnu garant de l'environnement, dont les contrôles sont mandatés par les Organismes de qualification (Qualibat, Qualit'ENR et Qualifelec).


Dans le cadre des CEE, l'objectif des contrôles est de s'assurer que les

chantiers qui doivent bénéficier de ces aides publiques ont bien été

effectués, et qu'ils ne présentent pas de malfaçons au moment de la réception. C'est donc le PNCEE, l'organe de l'administration qui convertit des preuves de travaux (généralement les factures) en CEE (et donc ensuite en aides) qui mandate les bureaux de contrôles pour effectuer des contrôles sur les chantiers qui souhaitent bénéficier de subventions via les CEE. Si le bureau de contrôle valide le chantier, le PNCEE convertit les factures du mandataire ou du délégataire en CEE, qui est payé pour la prime qu'il a déjà versé à l'artisan. Si par contre le bureau de contrôle ne valide pas le chantier, le mandataire ou le délégataire doit mettre le chantier en conformité au risque de ne pas récupérer les CEE sur le chantier. Dans ce cas, c'est lui qui couvre la perte puisqu'il a déjà avancé l'artisan, et il a alors tout intérêt à écarter l'artisan peu qualifié de son réseau car il est "risqué". Pour certains travaux stratégiques les contrôles sont systématiques (comme les rénovations globales car les montants sont très importants), mais dans la majorité des cas seul une partie des chantiers sont contrôlés aléatoirement.



Dans le cadre du label RGE, l'objectif des contrôles est de s'assurer que les entreprises labellisées font des travaux de qualité. Pour rappel, une entreprise ou un artisan doit posséder le label RGE pour pouvoir bénéficier de subventions publiques (MaPrimeRénov', CEE, etc.), il est donc primordial de s'assurer que ceux qui sont labellisés font des travaux de qualité. Dans ce cas, ce sont les organismes de qualification (les organismes qui labellisent les artisans) qui mandatent les bureaux de contrôle pour aller contrôler aléatoirement certains chantiers. Des contrôles sont d'abord effectués pour pouvoir obtenir le label, puis au cours du temps afin de le garder. Si des malfaçons majeures à répétition sont détectées par le bureau de contrôle, l'organisme de qualification peut retirer le label de l'artisan ou de l'entreprise.

La hausse du nombre de contrôle au sein du dispositif des CEE couplée à la réforme du label RGE ont mis le secteur sous tension, avec la double crainte de retarder l'obtention des précieux certificats et de rendre les démarches trop lourdes pour les artisans. Quoi qu'il en soit, le renforcement des contrôles a permis une diminution importante des malfaçons, et une amélioration de la qualité des travaux.


les EIE

Les acteurs des Certificats d'économie d'énergie

Les Certificats d'économies d'énergie, plus communément appelés CEE (prononcer "C2E"), sont aujourd'hui la base d'un des principaux mécanismes de financement de la transition écologique.

 

Pour bien le comprendre, revenons à sa genèse.